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De l’influence d’un entraineur

Les récentes déclarations de Laurent Blanc, actuel coach du Paris Saint-Germain ont relancé le débat sur le rôle de l’entraîneur dans le fonctionnement d’un club

Le cévenol avait lancé, après la victoire des siens face à Bordeaux, que  »l’entraîneur ne servait à rien »

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Tout le monde sait qu’un entraîneur qui répond à la presse adresse un message à ses joueurs plus qu’au grand public. Or, ce message-là est le dernier que le vestiaire d’un club comme PSG a besoin d’entendre.

Il est important de rappeler qu’un entraineur est la personne chargée de la préparation physique et mentale des joueurs qui composent son effectif.

L’entraîneur gère les tactiques, les stratégies, l’entraînement physique et apporte un soutien moral aux sportifs.

Un manager ne peut donc pas flatter aussi gratuitement la démagogie portée par un tel message. La théorie des entraîneurs qui ne servent à rien, otages de joueurs évoluant selon leur bon plaisir et leur virtuose talent, a bien ses illustres représentants. Le plus fameux d’entre eux est président de l’UEFA et s’appelle Michel Platini. Mais Platini, quand il dit ça, parle de lui. Il parle du joueur qu’il était, et du sentiment qu’il nourrit de ne pas devoir grand-chose à ses entraîneurs. Il parle aussi du sélectionneur qu’il a été, incapable de faire briller la génération Papin-Cantona en grande compétition et dont l’exercice le plus complexe était, disent les témoins de l’époque, une petite opposition avec lui sur le terrain.

Blanc n’a absolument pas le même itinéraire. Blanc n’aurait pas été le joueur qu’il est devenu sans des entraîneurs capables de lui dire qu’il serait meilleur derrière qu’au milieu. Ni sans un sélectionneur assez persuasif pour le faire revenir sur sa décision d’arrêter sa carrière internationale. Et il n’aurait pas décroché ce poste au PSG, même par défaut, sans avoir  « surperformé » avec son premier club, Bordeaux, champion de France à la surprise générale en 2009, et auteur d’une très, très belle Ligue des champions la saison suivante. Il est l’archétype du professionnel très instruit sur ce qu’un entraîneur apporte à ses joueurs. Rien à voir avec Platini.

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Il suffit de regarder ce qui se passe chaque saison pour décrédibiliser la théorie de l’entraîneur de faible utilité  :
– Personne ne prétend jamais que le coach ne sert à rien pour les équipes qui ratent leur saison et n’obtiennent aucun résultat. Au contraire, dans ces cas-là, l’entraîneur est tellement utile, tellement influent sur le jeu de son équipe, qu’il sert aussi de fusible. L’absence de résultat est sa responsabilité, au sens premier du terme : l’entraîneur est le dépositaire de ce que fait son équipe sur le terrain. De son résultat d’abord, de ce qu’elle produit ensuite comme performance collective.
– En revanche la théorie du coach-pantin ressort toujours pour évoquer des équipes multi-titrées et/ou dotées d’un fonds de jeu identifié. En vrac, on l’a entendu pour les Bleus de 1998 et 2000, l’Espagne double championne d’Europe et championne du monde, le Barça depuis Guardiola, le Lyon des grandes années, ….

L’entraineur a donc une grande importance dans la gestion de l’effectif, bien qu’il existe quelques maheureux precedents.

Les entraineurs exclus par leurs vestiaires 

On a vu des coaches sacrifiés par leur président parce que le vestiaire voulait autre chose : Lyon a connu ça avec Alain Perrin voire Claude Puel, les joueurs du PSG se sont débarrassés de Philippe Bergeroo en 2000 en lâchent un match à Sedan. Même José Mourinho a subi en partie ce processus malsain au Real Madrid. Blanc sait peut-être que l’adhésion aveugle de ses joueurs lui manquera à la première difficulté, puisque c’est la loi du genre et qu’elle est démultipliée ici. Mais si tel est le cas, il ne doit pas montrer qu’il sait. Ni à ses joueurs, ni au public, ni à sa direction qui, par la voix de Nasser Al-Khelaïfi ne cesse d’envoyer des signaux encourageants à son coach.

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Sur ce sujet des entraîneurs qui, soi-disant, ne servent à rien, je vous conseille d’engager deux lectures. La première, Secret de coaches, est justement un livre qui est parti du constat de Michel Platini, constat commenté et démonté en pièces par une quinzaine de grands entraîneurs à travers des longs entretiens, réalisés par Daniel Riolo et Christophe Paillet. L’autre lecture, c’est Le Cas Mourinho, de Thibaud Leplat, . Cette enquête fouillée montre comment un sans-grade du fin fond du Portugal a réussi, en une dizaine années, à passer du statut de prof de sport du collège du coin à entraîneur le plus recherché d’Europe. Elle montre que Mourinho n’est pas (seulement) l’animal de foire qui a offert sa répartie aux médias depuis dix ans. C’est un théoricien du football qui s’est mis à concevoir le joueur comme une « unité fonctionnelle globale« .

Bien sûr, Mourinho s’est condamné à Madrid en accusant publiquement ses joueurs de certaines défaites. C’est ici l’autre grande erreur de communication que peut faire un entraîneur de foot, l’autre extrême en fait. Au lieu de minimiser son rôle, il se déifie. Entre les deux, il y a une attitude-type qui témoigne d’une parfaite prise en main du vestiaire et du confort de travail de l’entraîneur. C’est lorsque le coach dit : « Cette défaite, j’en prends la responsabilité. » C’est une phrase qui protège les joueurs sans les déresponsabiliser, qui certifie leur adhésion, qui garantit l’absence de mégalomanie du technicien, et qui rend manifeste le soutien interne dont il se sent gratifié.

 Au total, force est de retenir qu’en depit de tout, l’entraineur demeure celui qui a en main les destinees de son equipe. Il se doit donc d’etre irreprochable afin que les autres, les joueurs en particulier, suivent sa demarche. Il doit aussi affirmer son autorité et sa legitimite quand il le faut.

 

Par ARTHUR B

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Le faux neuf : vers une nouvelle révolution tactique

L’apparition d’un nouveau système de jeu baptise  »faux neuf » constitue une nouveauté  dans la sphère footballistique.

 

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C’est en effet l’une des toutes premières fois que les fondamentaux du football sont remis en question. Il est important de rappeler que le football est un sport pratique entre deux équipe de onze joueurs chacune. On peut regrouper les postes du football en quatre groupes : Les gardiens de but, les défenseurs, les milieux de terrain et les attaquants. Cependant, il faut bien mentionner que les composantes de chaque secteur regroupent de nombreux postes tels que par exemple le libéro, le stoppeur, le latéral, le milieu défensif, le milieu offensif, les ailiers gauche et droit, l’attaquant de pointe, l’attaquant de soutien,…

Notre réflexion d’aujourd’hui porte sur l’un de ces postes, à savoir, le poste de faux-neuf qui est lié à cette nouvelle tactique.

En effet, ce style de jeu a été instauré en 2010 par l’ancien joueur et entraîneur du Fc Barcelone, Josep Guardiola. Il s’agit en d’autres termes, d’un système de jeu construit sans la presence d’un attaquant de formation et ou les milieux deviennent des attaquants lors des phases offensives.

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Pep Guardiola, l’ancien entraineur du Fc Barcelone

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce style de jeu sans attaquants nécessite un effort supplémentaire de la part de toute l’équipe, notamment les ailiers et les milieux qui doivent constamment se porter vers l’avant des qu’ils le peuvent.

Le système avec faux neuf correspond aux joueurs, qui ne sont pas des attaquants de formation, mais implique une bonne tactique défensive et des joueurs endurants pour éviter des contre-attaques adverses.

Par contre la présence de nombreux milieux dans ce système permet aux équipes a vocation offensive de se regrouper rapidement et former un bloc assez constant au milieu.

En somme c’est un système très exigeant tant au niveau technique, tactique et collectif.

A l’instar des autres systèmes de jeu, le système sans attaquant nécessite que tous travaillent pour tous.

 

Quelques équipes ayant essaye le système

– En 2011, le Fc Barcelone avait en l’absence de ses deux attaquants de formation, Villa et Sanchez, aligne une équipe sans attaquant de formation, laissant ses milieux de terrain faire le travail.

– En 2012, Vicente del Bosque avait laisse sur le banc ses attaquants, Torres et Villa pour aligner Cesc Fabrgas dans le role de 9.

– C’est en 2012 également que Andres Villas Boas a impose le système de faux neuf a Tottenham, avec Gareth Bale, ailier de formation, dans le rôle d’attaquant.

– Carlo Ancelotti a aussi essaye cette tactique lors de son passage sur le banc du PSG, entre 011 et 2013.

On voit donc que ce système a été testé voire instauré dans beaucoup de clubs en Europe et même dans les sélections nationales.

Cesc Fabregas, lors de l'Euro 2012

Cesc Fabregas, lors de l’Euro 2012

En conclusion, on retient que le système de jeux sans attaquant fixe constitue une avancée notable dans le monde du football. Il constitue même une alternative importante aux tactiques déjà testées.

Cependant, ce système reste a parfaire, et cela ne se fera pas du jour au lendemain.

Arthur B

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